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En mai 1986, les salles de cinéma ne désemplissent pas. Entre le sacre d'Out of Africa, l'ascension de Christophe Lambert dans Highlander et l'immersion sonore du Dolby Stéréo, découvrez comment le grand écran a résisté à l'arrivée massive de la vidéo.
Ceux qui sont en âge d’avoir connu l’année 1986 ont toutes les chances d’être allés au cinéma en ce mois de mai. Tout d’abord parce que ces dernières semaines sont sortis des films dont tout le monde parle quel que soit le genre auquel on est attaché : les salles ne désemplissent pas.
On est allé chercher une irrésistible envie de safari africain avec Out of Africa pour Robert Redford et Meryl Streep, 7 Oscars au mois de mars, quelle récolte ! Oh on en a beaucoup parlé, hein, parce que c’était mérité tout d’abord, et puis aussi parce que La couleur pourpre de Steven Spielberg, nommé 11 fois, n’en a reçu aucun. Chacun a sa théorie sur le sujet.
Donc à voir ! Comme Highlander. Je me rappelle encore la grande salle de l’Eldorado à Namur pleine à craquer pour ce film britannique présenté comme un blockbuster américain.
Déjà le héros est incarné par Christophe Lambert. Ah on ne voit que lui ! Récemment, il a été un Tarzan tout-à-fait inattendu et novateur dans Greystoke et aussi un marginal flamboyant errant dans le métro parisien. Qui n’est pas allé voir le déroutant et enthousiasmant Subway.
Et puis il y a Pretty in pink, le nouveau film du gars qui a fait Breakfast Club. De celui-là aussi, on va en parler après l’avoir vu car ce n’est pas du tout le teen movie auquel on s’attendait.
Le thème est plutôt plombant, l’atmosphère aussi, et pour cause. Et pourtant immense succès et surtout une bande originale qui va enfin lancer aux Etats-Unis le son de la new wave britannique avec les Psychedelic Furs, New Order et Orchestral Manoeuvres.
Oui, même si 1986 est l’année où les vidéoclubs commencent à s’installer dans toutes les villes y compris les petites communes, le cinéma attire toujours autant de monde qui aime ces films projetés en dolby stéréo. Oh on ne sait pas exactement ce que c’est sauf que ça sonne super bien dans la salle comme si le son nous enveloppait. Loin le temps où il était diffusé par deux gros baffles placés derrière l’écran.
C’est vrai que le monde du cinéma redoute cette cassette VHS à louer, il craint qu’elle ne détourne les gens des salles obscures au profit du divan du salon. Alors pour le moment, vous n’y trouverez que des films du genre Atomic Cyborg, sous produit nanar italien, et non les films d’action à gros biceps et gros budgets qui commencent à s’imposer avec deux figures majeures : Sylvester Stallone qui aligne les Rocky et les Rambo, et Arnold Schwarzenegger qui est sorti de sa première époque barbare avec tout d’abord Terminator, puis ce printemps incarne un tueur à gages pas comme les autres dans Commando. C’est pas fute fute comme film même si on voit que le réalisateur a cherché à faire quelque chose de plus ambitieux.
Et quelle meilleure vitrine que Cannes pour le souligner avec, à la surprise générale, un film d’action présenté en compétition. Pas le genre, ça ! Et pourtant Runaway Train, cette histoire de train fou lancé sur les rails à travers l’Alaska avec à son bord comme seul espoir, un détenu réputé dangereux, a tout du film de genre, sur le papier. Il est pourtant signé Kontchalovski, réalisateur russe, déjà primé à Cannes et récemment réfugié aux Etats-Unis. Mais là où l’histoire devient folle, c‘est que le scénario est signé Akira Kurosawa, Palme d’Or à Cannes et réalisateur emblématique des Sept Samuraïs. On est allé le voir, bien sûr, loin de nous douter qu’il inspirera un gars pour signer dans les années 90 un énorme blockbuster nommé Speed, avec Keanu Reeves. Non, vraiment, en 1986, le cinéma est partout, même dans les clips vidéos.
Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.