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Titanic
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Cinéma : 30 bandes originales cultes des années 50 à aujourd’hui

Quelques notes suffisent parfois à faire renaître tout un film. Des grandes comédies musicales aux succès pop les plus récents, retour sur 30 bandes originales qui ont marqué le cinéma et traversé les générations.

Un sifflement, deux notes inquiétantes ou un refrain inoubliable : certaines musiques sont devenues aussi célèbres que les films qu’elles accompagnaient.

Des mélodies qui ont fait entrer le cinéma dans une nouvelle dimension

Dès les années 50, la musique prend une place centrale au cinéma. Dans Chantons sous la pluie, Gene Kelly danse sous une averse artificielle sur Singin’ in the Rain. Cette chanson avait pourtant été créée plus de vingt ans avant le film.

Le Pont de la rivière Kwaï transforme une marche militaire sifflée en air populaire. Bernard Herrmann, lui, installe dans Sueurs froides une musique aussi troublante que l’obsession du héros.

Avec West Side Story, Leonard Bernstein enchaîne les classiques, de Maria à America, en passant par Tonight. Maurice Jarre donne ensuite au désert de Lawrence d’Arabie une ampleur majestueuse.

Et puis difficile d’évoquer cette période sans s’arrêter sur Le Bon, la Brute et le Truand. Pour ce western, Ennio Morricone mélange sifflements, guitares électriques, percussions et cris imitant le coyote. Un thème immédiatement reconnaissable, devenu presque aussi célèbre que le film lui-même.

Les années 70, entre soul, disco et grandes aventures

À la fin des années 60 et pendant les années 70, les chansons populaires s’invitent de plus en plus dans les salles obscures.

Le Lauréat doit une grande partie de son identité aux morceaux de Simon & Garfunkel, dont Mrs. Robinson. Elle n’avait pourtant pas été écrite dans sa version définitive au moment du tournage. En 1971, Isaac Hayes fait entrer la soul et le funk au cinéma avec le thème de Shaft.

L’année suivante, la valse de Nino Rota donne au Parrain son mélange de douceur familiale et de menace. Avec Les Dents de la mer, John Williams montre qu’il n’est pas toujours nécessaire d’écrire une mélodie compliquée : deux notes répétées suffisent à annoncer le danger. Steven Spielberg aurait d’abord cru que le compositeur plaisantait en lui présentant ce motif minimaliste.

Puis vient le raz-de-marée disco de Saturday Night Fever, porté par les Bee Gees et des titres comme Stayin’ Alive, Night Fever et More Than a Woman.

Enfin, en 1977, Star Wars : Un nouvel espoir remet à l’honneur les grandes partitions orchestrales. John Williams s’inspire des musiques classiques et des anciennes aventures hollywoodiennes pour donner à la saga de George Lucas une dimension mythologique. Le thème d’ouverture est aujourd’hui indissociable du générique défilant dans l’espace.

Quand les bandes originales font danser les années 80

Les années 80 consacrent la bande originale comme un album à part entière.

Flashdance connaît un succès mondial grâce à Maniac et FlashdanceWhat a Feeling, interprétée par Irene Cara.

En 1984, Prince va encore plus loin avec Purple Rain, un film largement inspiré de sa propre carrière. La bande originale aligne Let’s Go Crazy, When Doves Cry et surtout Purple Rain. La version utilisée sur l’album provient en partie d’un concert enregistré au First Avenue, une salle emblématique de Minneapolis.

L’année suivante, Retour vers le futur mêle le thème spectaculaire d’Alan Silvestri à The Power of Love de Huey Lewis and the News. Top Gun impose ensuite Danger Zone et Take My Breath Away, tandis que Dirty Dancing remet d’anciens succès des années 60 au goût du jour et transforme (I’ve Had) The Time of My Life en hymne romantique.

Whitney Houston, Céline Dion et les grandes voix du cinéma

En 1992, Bodyguard permet à Whitney Houston de livrer l’une des interprétations les plus célèbres de sa carrière. I Will Always Love You avait été écrite et enregistrée par Dolly Parton en 1973. La reprise de Whitney Houston devient un phénomène mondial et contribue à faire de la bande originale l’une des plus vendues de tous les temps.

De base, dans les années 90, les compositeurs continuent de créer des thèmes capables de résumer un film en quelques mesures.

Pour Jurassic Park, John Williams accompagne la découverte des dinosaures d’une musique qui mêle émerveillement et grandeur.

Quentin Tarantino choisit une autre voie avec Pulp Fiction. Plutôt qu’une partition originale, il assemble des morceaux de surf rock, de soul et de rock ancien. Dès Misirlou, le ton est donné. En 1997, Titanic associe les compositions de James Horner à My Heart Will Go On de Céline Dion. James Cameron ne voulait pourtant pas nécessairement d’une chanson pop pour conclure son film. Une maquette lui est finalement présentée discrètement et le réalisateur se laisse convaincre. Le titre devient l’un des plus grands succès des années 90, et Céline Dion l'enregistrera en une seule prise.

Au début des années 2000, Hans Zimmer et Lisa Gerrard donnent à Gladiator une atmosphère épique et spirituelle. Réécoutez Now We Are Free : c'est sur, vos poils se redresseront !

Dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, les pianos et les accordéons de Yann Tiersen deviennent inséparables des rues de Montmartre. Plusieurs morceaux existaient néanmoins avant le film. Howard Shore imagine enfin pour Le Seigneur des anneaux : La Communauté de l’anneau un univers musical extrêmement riche. Chaque peuple, chaque territoire et chaque menace y possède son propre thème.

De "Pirates des Caraïbes" à "Barbie", les nouveaux classiques

Les décennies suivantes ont elles aussi produit leurs classiques. Pirates des Caraïbes : La Malédiction du Black Pearl popularise He’s a Pirate, un thème repris depuis dans les concerts, les compétitions sportives et d’innombrables vidéos.

Pour Inception, Hans Zimmer compose une musique massive, dominée par les cuivres et le morceau Time. La partition entretient également un lien avec Non, je ne regrette rien d’Édith Piaf. Certaines sonorités du film auraient été construites à partir de la chanson ralentie et transformée.

En 2011, Drive remet la synthpop à l’honneur avec Nightcall de Kavinsky. La La Land renoue ensuite avec la grande tradition de la comédie musicale grâce à Another Day of Sun et City of Stars. Le compositeur Justin Hurwitz, ami de longue date du réalisateur Damien Chazelle, est un génie pour accompagner les rêves et les désillusions des deux personnages.

En 2021, Hans Zimmer invente pour Dune un paysage sonore presque extraterrestre, fait de voix, de percussions et d’instruments volontairement déformés. Deux ans plus tard, Barbie devient à son tour un phénomène musical, avec Dua Lipa, Billie Eilish, Nicki Minaj et Ryan Gosling. La preuve qu’une bande originale peut encore sortir des salles de cinéma, envahir les classements et devenir la musique d’une génération.

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