Belgium 12 points : le concours de l'Eurovision de ses débuts à aujourd'hui

Eurovision : La révolution des années 2000, Lordi et l'incroyable exploit d'Urban Trad

6 mai 2024 | 11 min 35 sec

Revivez l'entrée du Concours Eurovision de la chanson dans le nouveau millénaire ! Entre innovations technologiques, victoires historiques des pays de l'Est et le suspense insoutenable de la Belgique avec Urban Trad, Brice Depasse décrypte une décennie de records et de métamorphoses.

Le passage au nouveau millénaire marque un tournant spectaculaire pour l'Eurovision, loin des clichés futuristes imaginés dans les années 50. Dès l'édition 2000 à Stockholm, organisée dans l'impressionnante sphère du Globe, le concours bat des records avec 13 000 spectateurs et une ambiance digne d'un concert de rock. Cette année-là, le Danemark l'emporte avec les Olsen Brothers, tandis que la Belgique et la France, chantant en français, terminent aux dernières places, confirmant que la langue de Molière devient un handicap face à l'anglais dominant.

En 2001, le Danemark transforme définitivement le concours en un méga-show télévisuel moderne. Le Parken Stadium accueille 35 000 spectateurs, pulvérisant les records précédents. C'est aussi l'époque où l'Union européenne de radiodiffusion (UER) instaure la règle des « Big Four » (Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne et France), protégeant ces grands contributeurs financiers d'une élimination, une sécurité dont la Belgique ne bénéficie pas.

L'année 2003 reste gravée comme l'un des plus grands frissons télévisuels belges. À Riga, le groupe wallon Urban Trad mène une lutte acharnée pour la victoire. En tête jusqu'au dernier vote, la Belgique finit finalement deuxième, à seulement deux points de la Turquie, après un suspense insoutenable. Ce succès précède une réforme majeure en 2004 à Istanbul : l'instauration d'une demi-finale pour gérer l'afflux de nouveaux pays candidats comme l'Albanie, la Biélorussie ou la Serbie-Monténégro.

Le milieu de la décennie voit le centre de gravité du concours se déplacer vers l'Est. Des pays comme l'Ukraine (vainqueur en 2004) et la Grèce (2005) s'imposent sur une scène désormais très diversifiée. L'année 2006 marque un véritable choc culturel avec la victoire des Finlandais de Lordi. Ce groupe de métal, déguisé en monstres d'Halloween, prouve que l'Eurovision peut s'ouvrir à des styles musicaux radicaux, impensables quelques décennies plus tôt.

Cependant, cette expansion géographique crée des tensions. En 2007 et 2008, la domination des pays slaves, qui votent massivement les uns pour les autres, provoque le désintérêt, voire la colère du public occidental. Pour contrer ce « vote géographique », l'UER réintroduit en 2009 des jurys professionnels comptant pour 50 % du résultat final. Cette année-là, à Moscou, la France réussit un coup médiatique en envoyant Patricia Kaas, ce qui booste l'audience à des niveaux records.

Pour la Belgique, la décennie s'achève sur un bilan amer : après l'éclat de 2003, le pays subit cinq non-qualifications consécutives. À l'aube des années 2010, le Royaume se demande même s'il est encore capable de briller dans un concours devenu, en l'espace de dix ans, un continent trop vaste pour lui.

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