La Story Nostalgie

Lenny Kravitz: Stevie Wonder, une guitare et la musique

21 janvier 2026 | 7 min 38 sec

À 10 ans, Lenny écoute en boucle Innervisions de Stevie Wonder, apprend la guitare et traverse seul New York pour Harlem. Entre don naturel, transmission et rencontres marquantes, Lenny Kravitz affine sa vocation.

Aimer le même disque que ses parents dans les années 70, ce n’est pas dans toutes les maisons que ça se produit. Le monde entre les deux générations s’est depuis quelques années tellement éloigné que c’en est devenu abyssal, jamais l’expression Le fossé des générations n’a été aussi vraie.

Et pourtant, l’album préféré de Lenny Kravitz, 10 ans, est le même que sa mère, il se nomme Innervisions et est signé Stevie Wonder. Comment vous expliquer ? Déjà vous le savez pour l’avoir vécu, à cet âge-là, on est capable d’écouter le même disque cent fois sans s’en lasser. A chaque écoute, on découvre de nouveaux arrangements, de nouveaux instruments. Ce n’est pas un album de chansons, c’est une œuvre d’art. A ce stade, ça devient carrément spirituel, quand Lenny s’assied et regarde le disque tourner, le temps n’existe plus, il est, comme disait Stevie Wonder, dans la paume de Dieu.

Et donc, quand au cours de cet été, ses parents l’envoient en colonie de vacances à la campagne, Lenny emporte avec lui la guitare électrique que lui a offert sa grand-mère Bessie. Et comme l’un des jeunes moniteurs en joue, il lui apprend des morceaux et lui fait intégrer la fanfare du camp. Quelle n’est pas la surprise de ses parents de le voir interpréter des morceaux à la guitare avec les autres lors d’une visite organisée.

Mais c’est formidable, Lenny, lui disent-ils après, c’est la chose la plus drôle qu’on ait jamais vue.

Plus drôle ? Je n’étais pas bon ?

Lenny ne leur pose pas la question mais à son retour, une surprise l’attend. Ils l’ont inscrit à des cours de guitare qui se donnent à la Harlem School of Arts. Harlem, c’est pas à côté de Central Park, la maison, alors Maman lui montre comment prendre le bus pour s’y rendre. Vous vous rendez compte ? A dix ans, seul dans les rues de New York, avec sa guitare. Quel sentiment d’être déjà grand. Le rêve de beaucoup d’enfants de l’époque, trop pressés de vieillir pour être indépendants. Celui de Lenny se double du plaisir de jouer de la guitare, correctement, à présent. Bon, c’est vrai que les cours de solfège lui donnent bien du souci, car c’est fastidieux de retenir tous ces signes sur une partition.

Mais Lenny a l’oreille. Depuis toujours, il est capable de retenir toutes les notes qu’il entend et désormais, il peut les reproduire sans avoir besoin de les lire. Voilà qui rend plus facile la vie avec un papa, aimant certes, y a pas à redire, mais qui ne supporte pas le désordre et ne comprend pas que son fils ne soit pas comme lui. Son retour du Vietnam après un an de guerre comme journaliste en armes, a été une bénédiction mais à part ça, le Lenny, range ta chambre, bon Dieu !, c’est pénible.

Heureusement qu’il y a les sorties entre hommes. Les glaces, les courses, les visites chez les amis, dont le parrain Vinnie n’est pas des moindres. Il aime beaucoup Maman, à qui il fait de splendides cadeaux. Et comment oublier ce soir où, au restaurant, Sammy Davis Jr, le grand crooner, partenaire de Frank Sinatra, entre dans le restaurant où ils dînent et vient directement le saluer en l’embrassant sur les deux joues. Tu vois Lenny, c’est pas juste parce qu’on a fait le Vietnam, tous les deux, non, ton parrain Vinnie sera toujours là pour toi.

A la suite...

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Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.

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