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Et si la santé mentale passait d’abord par le lien ? Direction la ville de Geel, en Belgique, où l’on soigne les troubles psychiatriques… à domicile, au cœur des familles. Une tradition séculaire qui interroge aussi le rôle des relations sociales dans le vieillissement.
On prend aujourd’hui la direction de Geel, petite ville de la province d’Anvers, où l’on traite les troubles psychiatriques… à la maison. Oui, à la maison. Une tradition qui remonte au XIIIe siècle et qui existe encore aujourd’hui.
Tout commence avec la construction d’une église dédiée à Sainte Dymphne, patronne des personnes souffrant de troubles psychiques. Très vite, des pèlerins affluent, touchés par des maladies mentales. Faute d’institutions spécialisées, ils sont hébergés chez les habitants, principalement des paysans. En échange du gîte et du couvert, ils participent aux tâches quotidiennes.
À l’époque, près de 2000 pensionnaires vivaient ainsi chez l’habitant. Aujourd’hui, ils sont environ une centaine à être accueillis dans des familles de Geel. Certaines personnes restent plusieurs années, parfois même toute leur vie.
Concrètement, ces patients vivent comme des membres à part entière du foyer. Ils partagent les repas, regardent la télévision, discutent, participent aux tâches ménagères. Ils bénéficient d’un cadre stable, d’une routine, d’une présence rassurante. Et parfois, le simple fait de pouvoir échanger quelques mots suffit à apaiser une angoisse ou rompre l’isolement.
On est donc à l’opposé des institutions psychiatriques fermées. Bien sûr, lorsque la situation devient trop complexe ou que des soins spécialisés sont nécessaires, les patients sont orientés vers des structures adaptées. Mais pour des troubles modérés, cette formule familiale offre une alternative plus douce.
Les familles d’accueil perçoivent une indemnité d’environ 28 euros par jour. Ce n’est pas un salaire : l’esprit reste avant tout solidaire et humain. Le modèle est d’ailleurs reconnu internationalement puisqu’il est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Ce système repose sur une intuition forte : le lien social soigne.
Et cette intuition fait écho à d’autres recherches, notamment celles consacrées aux “super seniors”. Ces personnes de plus de 80 ans qui conservent une mémoire exceptionnelle.
Les neurosciences mettent en lumière deux éléments clés. D’abord, l’importance des interactions sociales. Le fait d’avoir des contacts réguliers aiderait à lutter contre l’atrophie cérébrale liée à l’âge. À l’inverse, l’isolement augmente le cortisol, l’hormone du stress, ce qui peut favoriser inflammation, lésions cérébrales et risque de démence.
Ensuite, le cerveau des super seniors contiendrait davantage de neurones dits “de von Economo”, présents chez les mammifères sociaux comme les grands singes, les éléphants ou les baleines. Ces neurones seraient liés à la capacité de nouer et maintenir des relations sociales profondes.
Alors, est-ce parce qu’on a de bonnes capacités cognitives qu’on sort et qu’on voit du monde ? Ou est-ce parce qu’on entretient des liens qu’on garde un cerveau en forme ? Le débat reste ouvert. Mais une chose est sûre : maintenir des relations, veiller sur ses voisins, appeler ses proches, aider une personne âgée à ne pas s’isoler… ne peut que faire du bien.
À Geel comme ailleurs, le lien reste sans doute l’un des plus puissants remèdes.
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« Y’a de l’idée », c’est LA séquence des initiatives positives, des solutions et des projets porteurs de sens pour un monde harmonieux, juste et durable. On y parle d’alimentation, de justice sociale, de solidarité, de santé, d’énergie, de respect de la nature et de la planète, d’environnement.