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35 ans après sa mort, la maison de la rue de Verneuil fait toujours pleurer ses visiteurs. Mais qui était vraiment Gainsbourg, loin du provocateur Gainsbarre ? Entre un chef-d'œuvre raté, chanson refusée à l'Eurovision et un fusil braqué pour lui faire chanter l'Ami Caouette.
A Paris, rue de Verneuil, à deux pas de la Seine et du boulevard St Germain, il ne se passe pas une heure sans que des personnes ne quittent la maison du 5bis, les larmes aux yeux. Ne vous en faites pas, vous n’êtes pas les seuls, croyez-moi, dit un des gardiens de ce qui était encore, il y a tout juste 35 ans, le domicile de Serge Gainsbourg.
Oui, qui aurait pu soupçonner ce 3 mars 1991, alors que des dizaines de fans très émus par la nouvelle, viennent se recueillir devant la déjà célèbre façade, que rien n’y bougerait durant les 30 années à venir et que la maison deviendrait un musée qui ne désemplit pas. Et pour tous ceux qui en font la visite, guidés par la voix de Charlotte, quelle surprise, quel choc, de découvrir non pas le provocateur Gainsbarre superstar des années 80, à l’alcool mauvais, mais le vrai Serge Gainsbourg, celui de La Javanaise, sensible, touchant.
Et donc, 35 ans après sa disparition, que peut-on encore raconter sur lui qui n’ait été dit ?, - vous allez me dire. Et ben justement, c’est ce qu’on vous propose cette semaine, comme on a toujours fait.
Vous entendez ? A travers le volet baissé, ce piano ? C’est Serge qui compose. Nous sommes en 1975, et mis à part les passages radio de Je suis venu te dire que je m’en vais, Serge est à nouveau en panne de succès. Son Je t’aime moi non plus en 1969 a été sans lendemain. Pire, un chef d'œuvre comme L’histoire de Melody Nelson a été un cinglant échec commercial. Oh il a signé pas mal de hits récemment mais ce sont toujours des chansons écrites pour les autres, des femmes, Jane Birkin, en premier.
Seul bémol, l’incroyable titre qu’il vient écrire pour que sa copine Dani le chante à l’Eurovision a été refusé : trop provocateur ! Serge s’est vexé, pas question de changer quoi que ce soit. Alors pour se prouver qu’il peut faire un tube comme il veut, quand il veut, il a enregistré L’ami caouette. Gros succès évidemment, tout le monde le lui demande, même les gosses dans la rue, l’apostrophent en disant : Hé, l’ami Caouette !
Le fond du fond est atteint quand, un soir au restaurant, il sympathise avec le maître d’hôtel et sort avec lui après son service boire des coups. Bonne ambiance avec ce partenaire de ribote d’un soir. Et si on allait boire le dernier chez moi ? OK ! Arrivés chez lui, le fameux maître d’hôtel dit alors sur le ton d’un ordre : Et maintenant, tu vas me chanter l’Ami Caouette ! Ah non mon p’tit père, je ne chante que pour du blé et jamais en privé, pas même dans ma salle de bain. Le gars furibard saisit alors un fusil de chasse et crie : Tu vas chanter l’ami Caouette, oui ou merde !
Gainsbourg sans se démonter prend Jane par la main et lui dit : allez, on se casse. Voilà ce qui se passe quand on chante des conneries. Et dire qu’ils n’ont pas voulu de son Boomerang, c’est pourtant pas la chanson de tout le monde. Il a raison Serge, et pourtant, on va mettre des décennies avant de l’entendre.
Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.