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Loin des synthés des 80s, Joan Jett a imposé son cuir et ses riffs bruts. Après 23 refus de labels et l'échec des Runaways, elle lance son propre label pour offrir au monde « I Love Rock ’n’ Roll ». Plongez dans l'histoire d'une rebelle qui n'a jamais rien lâché.
On a tous une image qui nous vient en tête quand on parle des années 80. C’est vrai. Il faut dire que cette décennie n’a manqué ni d’excès, ni de clichés. Le brushing de Bonnie Tyler et des Duran Duran, les fringues de Prince et de Madonna, les biceps de Stallone et Schwarzie, et les synthés de Human League et Soft Cell.
Ainsi en avril 1982, le premier et énorme tube de ces derniers vaut à la New Wave d’occuper toute la place au point de résumer ce très large mouvement à cet unique instrument qu’est le synthétiseur. Et le nouveau média qu’est le vidéoclip impose leur image proprette avec jolies filles et mecs sexy à la pose bien étudiée.
Alors qui est cette fille qui débarque de nulle part avec un morceau dont le riff de guitare coupe comme une tronçonneuse de bûcheron canadien ? C’est vrai, Joan Jett, avec son look de rockeuse, sa voix râpeuse et son accent sale, n’a rien du stéréotype féminin du moment. En regardant son vidéoclip, le message est clair : elle ne cherche pas à plaire, ni tout simplement, à paraître.
Ainsi dans le métier, personne n’a voulu d’elle. Car, et ça va étonner tout le monde, elle ne déboule pas de nulle part avec son hymne. Et oui, à 23 ans, cette New Yorkaise a déjà bien roulé sa bosse de rockeuse : au cours des années 70, elle faisait en effet partie d’un groupe hard rock 100% fille nommé les Runaways.
Les Runaways, c’est plus des pochettes de 33 Tours, qui traînaient dans les bacs des disquaires que des disques qu’on a écouté. Il est vrai que le visuel laissait présager le produit préfabriqué, si vous voyez ce que je veux dire. Joan n’avait que 17 ans quand le premier album des Runaways est sorti, le groupe n’a pas fait long feu, on ne les a pas vraiment prises au sérieux. Un groupe rock 100% féminin, ça ne pouvait pas exister, c’est un truc de mecs.
Un groupe masculin avec une chanteuse, comme Blondie, avec une Debbie Harry, belle à hurler, et quelques tubes par album, oui, ça, les firmes de disques en veulent bien.
Alors, quand les Runaways disparaissent en 1979 et que Joan Jett, la guitariste chanteuse, trouve un gars qui croit en elle pour la produire, et ben, ils restent tous les deux avec leurs bandes de studio sur les bras. 23 refus, vous le croyez, ça. Nous sommes alors en 1981, Kenny Laguna, c’est son nom, même si vous ne le retenez pas, qu’il soit cité, il le mérite, car sans lui, vous n’auriez jamais entendu I love rock’n’roll, et ben, il ne se démonte pas, le gars. Puisqu’ils ne veulent pas de notre disque, on va créer notre label et le vendre nous-mêmes après les concerts. Car il y a quand même des gars pour embaucher l’ancienne Runaways, heureusement.
Alors, à force de jouer et convaincre, une maison de distribution offre de placer le disque partout et d’aller frapper à la porte de la toute jeune chaîne de télé MTV avec un clip en noir et blanc. Le public, c’est-à-dire nous, allons découvrir cette fille de cuir traversant une rue américaine qui n’a rien de glamour, et on va la suivre dans un bar à vieux néons qui appartient encore à la décennie précédente. C’est sale, brut, punk, on les avait presque déjà oubliés. Joan Jett a les traits durs d’une fille qui a déjà dormi dans un van et cassé des cordes de guitare. Elle n’a pas attendu qu’on lui ouvre la porte, elle a apporté la sienne et on la suit toujours aussi volontiers quatre décennies plus tard à chaque fois que la chanson démarre, comme ceci.
Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.