La Story Nostalgie

Quand James Brown bouleverse Lenny Kravitz

22 janvier 2026 | 6 min 37 sec

Entouré de cinq marraines, élevé entre cultures juive et afro-caribéenne, Lenny découvre très jeune la ferveur de l’Apollo Theatre. Ce soir-là, face à James Brown, Lenny Kravitz reçoit une nouvelle révélation.

L’enfance de Lenny Kravitz a été partagée entre deux mondes, celui de la communauté juive, du côté de son père, et de la communauté noire caribéenne, du côté de sa mère. Fils unique, il aurait dû se sentir seul mais ça n’a jamais été le cas, que du contraire. Principalement grâce aux cinq marraines que sa mère lui a choisies. Cinq marraines, ça n’existe nulle part ! Ben si. Tout d’abord Cicely, qui a joué au théâtre avec sa mère. Tout comme Shauneille, écrivaine et actrice reconnue, dont l’immense salon a été transformé en centre culturel du mouvement Black Arts. Sa fille et Lenny ont été élevés comme frères et sœurs. La troisième marraine, Diahann, la première noire à avoir reçu le prix de la meilleure actrice de théâtre, a joué au cinéma avec sa mère, aux côtés de James Earl Jones, trois ans avant qu’il ne devienne la voix de Dark Vador. Ça s'appelle Claudine, et c’est à voir. Et puis la marraine de Los Angeles, tante Joan et enfin, tante Joy du Queens.

Pour Lenny, c’est son étoile à cinq branches, l’impression d’être très entouré et qui l’empêche de pousser de travers car tout n’aura été que bienveillance et joie de vivre, malgré les malheurs, les problèmes, malgré le fait qu’on est noir et que la vie est une lutte.

Au centre de l’étoile, la délicieuse Maman. D’autant plus délicieuse que tous les hommes semblent l’admirer. Et à qui Lenny doit la deuxième révélation de sa vie en l'emmenant un jour à l'Apollo Theatre, le temple de la musique soul à New York. Les voilà en train de remonter la 125ème rue à pied avec le son du rythm and blues qui sort par la porte ouverte de magasins de disques et d'instruments. Le monde se presse devant la salle de concert mais l’ambiance est sereine, à la fête, il va se passer quelque chose de pas banal pour tous ces gens, ils le savent, ça se voit, Lenny le sent quand il s’assied à la cinquième rangée avec sa mère, il ne l’oubliera jamais.

Comme le soir où il a vu les Jackson Five, deux ans plus tôt, quand la lumière s’éteint, une ferveur indicible saisit la salle. Mais l’atmosphère de ce vieux théâtre alourdie par la fumée et les projecteurs est différente quand James Brown apparaît sur la scène : le public se lève aussitôt et ne va jamais se rasseoir. On croit sans peine en ce souvenir d’un garçon de huit ans au milieu de tous ces adultes qui tapent dans les mains. Comme il le dira : James Brown ne danse pas en rythme, il EST le rythme, chantant, criant, dansant, tournoyant et finissant à genoux en jouant avec son micro comme le magicien Gandalf avec son bâton pour maintenir la salle entière sous le charme.

Après le spectacle, Lenny et sa mère arrivent à accéder aux coulisses. Comment a-t-elle fait ? Il ne s’en souvient pas. Mais par contre, l’image de James Brown en sueur, torse nu, dans sa loge lorsqu’ils passent devant, il ne pourra pas l’oublier, dans les coulisses de cette salle qu’il a lui-même rendue mythique en enregistrant un live mémorable l’année de sa naissance.

Et puis Maman lui lance un petit bonjour, James lui répond, au milieu de la pièce remplie de gens. Elle s’apprête à entrer, pour lui présenter son fils, puis devant tous ces gens, elle se ravise et ils sortent par la porte des artistes, à l’arrière du théâtre.

A la suite...

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Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.

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