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En 1984, un vent nouveau souffle sur la France. Fini le temps des chanteurs à texte bien coiffés : la musique descend dans la rue, entre squats et clubs branchés. De l’ascension d’Indochine à l’ovni Rita Mitsouko, découvrez comment Paris a enfin rattrapé la modernité.
Je me souviens, au début des années 80, quand débutait le générique de l’émission Champs Elysées, on avait l’impression que Paris n’avait pas capté ce qui se passait en Angleterre et aux Etats-Unis. Que la variété française avait loupé le train de la New Wave, du funk, du rock FM, toutes ces musiques qui nous enthousiasmaient en Belgique.
Et puis soudain, en 1984, pour reprendre une expression de l’époque, on dirait que le franc (français bien sûr) est enfin tombé. Est-ce grâce aux nouvelles radios libres et privées, allez savoir mais ça y est, un vent nouveau souffle sur la chanson française. Oh le feu couve depuis deux-trois ans, comme toujours dans ce cas-là, mais il faut que l’eau boue pour que le couvercle tombe.
1984, c’est bien sûr la confirmation des stars montantes Jean-Jacques Goldman … et Etienne Daho … mais surtout de l’ascension d’Indochine qui tourne partout, surfant sur son premier tube …
Du rythme hypnotique et des images appelant au grand large d’Axel Bauer, ou de Charlélie Couture qui nous a bien fasciné quelques mois plus tôt en signant la musique de ce film fascinant qu’est Tchao Pantin.
Là, c’est clair, plus de doute, la chanson française commence à comprendre qu’on peut être populaire sans s’excuser. Est-ce l’influence de Michel Polnareff, l’ancien entre guillemets qui a le mieux compris ce que sont les années 80 et pour cause, il habite Los Angeles ? Ou encore de Serge Gainsbourg qui va aussi trouver ses rythmes ailleurs qu’en France ? Allez savoir.
En tout cas, la chanson française sort de la salle à manger où trône la télévision avec ses émissions de Guy Lux et des Carpentier pour passer dans la rue. Oui, à Paris aussi, quelque chose a bougé. Ce n’est plus seulement le Paris des chanteurs à texte, qui se pointent bien coiffés et dégagés autour des oreilles sur les plateaux télé. C’est le Paris des Bains-Douches, du Palace, du Gibus, du Rose Bonbon, des nuits où se croisent la mode, la danse, le théâtre, les garçons trop maquillés, les filles très libres, les gens qui veulent faire de la musique mais aussi du style, du bruit, de l’image, de la vie, quoi ! Un Paris qui sent autant la laque que la moquette, la fumée et la sueur.
Pas étonnant qu’on ait finalement eu droit à ça … Car les Rita Mitsouko, quel nom étrange, mais qui pour s’en étonner en 1984, ne sortent pas du tout du même vivier que les vedettes de variétés. Catherine Ringer a fait du théâtre musical, de la danse, des spectacles expérimentaux ; Fred Chichin vient d’un univers plus rock, plus contre-culture. Ils se sont rencontrés à la fin des années 70, et se sont reconnus tout de suite dans les squats parisiens : un même goût pour ce qui déborde, ce qui ne rentre pas dans les cases. Ils commencent à jouer ensemble au tournant de 1980, notamment au Gibus, qu’on voit dans tchao pantin, tiens, et ils ne ressemblent à personne.
Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.