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À 11 ans, Lenny quitte New York pour Los Angeles quand sa mère, Roxie Roker, devient l’héroïne des The Jeffersons. Choc culturel, nouvelles musiques, et une révélation décisive : Led Zeppelin.
Woody Allen et Martin Scorsese en ont fait des classiques du cinéma, Billy Joël et Frank Sinatra de la chanson, les New Yorkais sont d’autant plus attachés à leur ville qu’elle est follement réjouissante par son architecture mais surtout son immense réservoir de rencontres. A New York, une nouvelle histoire vous attend à chaque coin de rue.
Et c’est déjà ce que vit le jeune Lenny Kravitz, onze ans, à la fin de l’année 1974 quand sa maman, comédienne, remporte un gros succès au théâtre sur Broadway, qui lui vaut d’être contactée pour jouer dans une sitcom, à Los Angeles.
L’audition se passe on ne peut mieux, on lui propose tout de suite le rôle, mais attention, lui dit-on, elle doit bien comprendre qu’elle va jouer la femme du premier couple interracial de l’histoire de la télé, elle va devoir embrasser un homme blanc. Sans rien dire, Roxie sort de son sac la photo de son mari, Sy Kravitz, d’origine russe, le producteur sourit, tout est dit.
De retour à New York, la réaction à l’incroyable nouvelle est mitigée pour Lenny qui craint de devoir vivre seul avec un père beaucoup trop rigide : il craint que sa vie se transforme en cauchemar. Roxie a beau le rassurer en lui disant qu’il faudra d’abord passer le cap du premier tournage et de la diffusion du pilote, la nouvelle ne tarde pas à tomber : immense succès public, la saison est confirmée, le départ est donc inévitable.
Si Lenny est rassuré d’apprendre qu’il part avec sa mère, il est dévasté par le fait de quitter ses copains alors qu’il va entrer en dernière année de primaire. Il allait enfin être le grand de l’école et voilà qu’il part vers l’inconnu. L’inconnu est en fait la maison de Joan, une de ses cinq marraines, c’est dans un divan lit qu’il va passer ses nuits avec sa mère. Ça ne le dérange pas, il dort avec sa grand-mère Bessie le week-end, non, le problème, déjà, c’est le silence de la ville. Santa Monica, c’est pas Manhattan. Où sont partis les gens ? Se demande-t-il le premier matin. Ici, rien n’est vertical, tout est horizontal, les gens ne vivent pas les uns sur les autres, tout est loin de tout.
Sa mère met d’ailleurs une heure et demie, deux lignes de bus, pour se rendre chaque jour au studio. Et là, quand Lenny s’y rend avec elle le premier jour, grosse surprise et paradoxe : l’histoire se passe à New York. Il vient donc de quitter le vrai pour se retrouver dans un décor de gratte-ciel en carton-pâte. Par contre, les enregistrements sont tops. Les acteurs jouent deux fois le même programme, un l’après-midi, un le soir, devant deux publics différents, on choisit la meilleure prise. Ne t’en fais pas, ça ne durera peut-être pas, tu sais le succès à la télé, ça ne dure pas.
Mais Roxie, même si elle est new-yorkaise jusqu’au bout des ongles, va bientôt quitter le plan logement provisoire on ne sait jamais chez son amie, car elle va tourner 200 épisodes des Jefferson. C’est Sy Kravitz qui va devoir franchir l’Amérique pour les rejoindre, pour une vie plus confortable, certes, mais la nécessité pour Lenny de se faire à Los Angeles. C’est là qu’il va découvrir Elton John, le skateboard et les tagueurs des débuts du hip hop mais surtout Led Zeppelin sur la cassette d’un copain. Décharge électrique, dernière révélation, le tableau est désormais complet. On devra juste attendre une quinzaine d’années avant le premier album d’un Lenny Kravitzdans lequel on peut, déjà, entendre toute son histoire.
Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.