La Story Nostalgie

Prince : L'insatiable qui a sacrifié le succès facile pour sa liberté

20 avril 2026 | 3 min 42 sec

Dix ans après sa disparition, le souvenir de Prince reste électrique. En 1987, loin de capitaliser sur le triomphe de Purple Rain, le Kid de Minneapolis défiait sa maison de disques et ses propres musiciens pour rester libre. Un portrait d'une boulimie créative unique.

Dix ans après sa disparition brutale et inattendue, vous vous souvenez à quel point elle nous a cueillis ? On en est restés comme deux ronds de flan avec nos souvenirs. Parce qu’avec Prince, il n’y avait pas seulement les chansons, il y avait aussi tout ce qu’il représentait dans nos vies : une époque où les artistes publiaient un album par an, parfois davantage, et où cela nous semblait parfaitement normal.

Vos préférés alimentaient sans arrêt la pompe à nouveautés ! Aujourd’hui, quand un artiste vous annonce son nouvel album après quatre ans de silence comme s’il revenait du front. On se demande comment ils ont pu tenir ce rythme-là dans les années 80, et avant.

Et encore, chez Prince, un album par an, ce n’était déjà pas assez. En 1987, alors que son précédent hit tourne encore dans les juke-boxes, il a déjà enregistré de quoi sortir un triple album : deux avec The Revolution, un en solo. Prince travaille comme s’il y avait le feu à la boutique. Comme s’il savait qu’il n’aurait pas le temps. Et nous, on n’a même pas encore fini d’user le vinyle ou la bande de la cassette qu’il est déjà ailleurs.

Mais à la Warner, sa firme de disques, on commence à s'inquiéter. Après les succès très inégaux de ses derniers et multiples projets, elle freine des deux pieds. Et puis il y a de l’eau dans le gaz avec The Revolution. Il faut les comprendre aussi, ces musiciens qui jouent sur scène comme des dieux n’ont parfois même pas le droit d’enregistrer avec lui en studio. Car Prince veut tout faire, tout seul. Wendy et Lisa ont davantage de place, certes, mais cela ne suffit pas à éviter les tensions.

Et c’est fou quand on y pense, parce qu’en 1987, on n’est que deux ans après Purple Rain. Deux années après son triomphe absolu qui l’a, dit-on, hissé au niveau de Michael Jackson. Deux ans après l’Oscar pour la BO du film. Deux ans après le moment où Prince semblait avoir conquis la planète. On aurait pu croire que les jeux étaient faits. Qu’il allait faire tourner la machine à tubes le reste de la décennie. Et ben non.

Au moment même où le monde entier croit enfin avoir compris cet artiste bizarre, Prince brouille aussitôt les pistes avec les albums Around the World in a Day et Parade. Y a pas à dire, pour ceux qui croyaient reprendre là où il avait laissé l’histoire, à peine un an avant, il déroute complètement le grand public. Comme s’il nous lançait : “vous m’avez élu numéro un, d’accord, mais ne comptez pas sur moi pour changer quelque chose dans ma vie.”

Alors, ce 22 avril 2016, il y a dix ans, repensant à tout cela, j’ai ressorti le double album 1999, celui que j’avais acheté en 1982, et je me suis repassé ce titre que j’avais tant écouté, alors que tous ou presque ignoraient jusqu’à son nom. Et vous savez quoi ? Ça reste plutôt pas mal, comme on dit en 2026, et même plus.

A la suite...

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Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.

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