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Et si enlever les panneaux rendait la route plus sûre ? Et si pousser les voitures dans leurs retranchements permettait d’éviter le pire ? Direction les Pays-Bas et la Chine pour découvrir deux visions étonnantes de la sécurité routière.
C’est une idée qui peut sembler complètement folle : supprimer les feux rouges, retirer les panneaux, effacer les marquages au sol… Bref, laisser la route “nue”.
Et pourtant, aux Pays-Bas, cette approche porte un nom : les “naked roads”, les routes dénudées.
Dans le petit village d’Oosterwolde, dans le centre du pays, cette mesure a été adoptée avec un objectif clair : responsabiliser les conducteurs. Plus de signalisation verticale, très peu de marquages au sol, pas de feux tricolores. Résultat ? Moins d’accidents.
Pourquoi ça fonctionne ? Parce que lorsque les repères habituels disparaissent, les conducteurs redoublent d’attention. Ils ne peuvent plus se reposer sur un feu vert ou un panneau pour décider. Ils doivent observer, anticiper, établir un contact visuel avec les autres usagers : piétons, cyclistes, automobilistes.
On recrée en réalité un espace partagé où chacun devient acteur de la sécurité collective. La règle reste simple : limitation à 30 km/h, priorité de droite et priorité aux piétons. Mais l’absence de balisage impose une vigilance constante.
Et ce n’est pas un cas isolé. Il y a déjà 25 ans, la ville de Drachten avait supprimé une grande partie de ses feux et panneaux. Certaines zones n’ont même plus de trottoirs clairement délimités. On parle d’une diminution des accidents pouvant aller jusqu’à 85 %. Aujourd’hui, entre 150 et 200 communes néerlandaises ont adopté ce principe de circulation partagée.
Visuellement, cela peut sembler chaotique. Mais c’est précisément ce léger inconfort qui oblige chacun à ralentir et à faire preuve de prudence.
Autre pays, autre stratégie : direction la Chine. Dans la ville de Chongqing, un centre d’essai unique au monde teste les véhicules dans des conditions extrêmes. L’objectif ? Mettre à l’épreuve les systèmes avancés d’aide à la conduite.
On y simule des pluies diluviennes, un brouillard dense, des chaussées glissantes. Mais ce n’est pas tout : on recrée aussi des scénarios imprévisibles. Un piéton surgit d’un angle mort. Une voiture recule brusquement. Un obstacle apparaît soudainement.
Ces tests permettent d’analyser la réaction des capteurs, des radars, des systèmes de freinage automatique ou d’assistance au maintien de voie. L’idée est d’anticiper les situations les plus critiques pour améliorer la fiabilité des technologies embarquées.
Si l’Europe est plutôt en avance sur certaines réglementations liées aux aides à la conduite – plusieurs dispositifs deviendront d’ailleurs obligatoires prochainement – la Chine se distingue ici par l’ampleur et la sophistication de ses infrastructures d’essai.
Deux visions donc, très différentes mais complémentaires. Aux Pays-Bas, on mise sur le comportement humain, sur la responsabilité individuelle et l’attention mutuelle. En Chine, on investit massivement dans la technologie et l’anticipation des scénarios extrêmes. Dans les deux cas, le même objectif : réduire les accidents et sauver des vies.
Finalement, que ce soit par la sobriété des aménagements ou par la haute technologie, la sécurité routière repose toujours sur un équilibre fragile entre vigilance humaine et innovation. Et peut-être que la vraie solution se trouve quelque part entre les deux.
Vous aimez ce contenu ? Alors n’hésitez pas à vous abonner, à lui donner des étoiles et à partager ce podcast autour de vous. Ça nous aide à nous faire connaitre et à essaimer les idées constructives qui rendent le monde plus joli ! Une chronique signée Leslie Rijmenams à retrouver (aussi) sur Nostalgie et www.nostalgie.be
« Y’a de l’idée », c’est LA séquence des initiatives positives, des solutions et des projets porteurs de sens pour un monde harmonieux, juste et durable. On y parle d’alimentation, de justice sociale, de solidarité, de santé, d’énergie, de respect de la nature et de la planète, d’environnement.