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Saviez-vous que les Bee Gees ont failli refuser de participer à Saturday Night Fever ? Découvrez comment ce trio folk est devenu l'icône du disco mondial grâce à l'insistance de leur producteur et à une étincelle de génie au Château d'Hérouville. Un récit sur une révolution musicale.
S’il n’y avait eu que Boney M, Village People ou Donna Summer, le disco aurait-il autant marqué l’Histoire ? Je veux dire, sans les Bee Gees et leur fièvre du samedi soir. Car c’est vrai qu’avec ce film et sa musique, une mode devenait un phénomène de société. Tout qui avait plus de seize ans est allé le voir, s’est habillé comme les acteurs du film et a été pris d’une irrésistible fringale de sortir en boîte de nuit le samedi soir pour danser comme Travolta.
On ne compte pas chez nous le nombre de discothèques sorties de nulle part, avec leurs installations de projecteurs qui illuminent la piste cernée par une puissante installation sonore qui fait s’entrechoquer les glaçons dans les verres de Cuba Libre. Un double album qui se vend à 40 millions d’exemplaires, une première, un film qui rapporte plus 200 fois la mise de départ, personne n’a vu venir la folie du disco.
Pourtant les locomotives de ce succès prodigieux ne sont ni américaines, ni allemandes comme les producteurs de Boney M et Donna Summer, non ils sont Anglais, enfin à l’époque on les croit Australiens. Eux non plus n’ont pas vu venir le truc, ils ont même failli ne pas le faire.
Les Bee Gees, c’est en 1977, le trio folk britannique de la génération Beatles & Bob Dylan. Mais les énormes tubes qu’ils ont produits dans les années 60 ont perdu de leur superbe avec l’explosion du rock au cours de la décennie suivante. Il est loin le temps de la guitare acoustique, le trio de frères originaire de Manchester et de l’île de Man, essaie de survivre dans le monde de la pop, avec en 1976, un tube américain, franchement barré. Ah il est gonflé ce titre rock sur un rythme disco, le hit de l’été 1976, leur premier numéro un en dix ans, là-bas.
Or, il se fait que leur producteur, qui est aussi celui d’Eric Clapton, est également à ses heures, un solide producteur de cinéma qui adapte des musicals de Londres et Broadway. Ainsi les fameux films Jesus Christ Superstar ou Tommy, des Who, c’est lui.
Et justement, son nouveau film, est musical sans l’être. Il parle de ces mecs de la classe ouvrière new yorkaise qui jouent les stars de la piste de danse le samedi soir. Ajouter ce récent tube des Bee Gees, qui de plus lui appartient, est une évidence. Et si le groupe lui faisait en plus quatre ou cinq nouveaux titres ? Ce serait vraiment un atout pour faire parler du film. Et bien, figurez-vous qu’ils vont dire non. C’est vrai, ils sont en France, occupés à enregistrer leur nouvel album. Pas le temps, non, désolé. Mais Robert Stigwood a de la suite dans les idées, il débarque au fameux Château d’Hérouville dans sa grosse voiture, insiste, et à peine est-il parti que Barry Gibb entend quelque chose trotter dans sa tête, une mélodie, un rythme. Il dit à ses frères, je tiens quelque chose, venez. Et semaines plus tard, leur vie ne sera plus jamais plus pareille quand ce 45 Tours sortira …
Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.