La Story Nostalgie

Chris Isaak : L'élégance du spleen et le mystère du "Rockmantique" américain

25 mai 2026 | 3 min 38 sec

Découvrez l'univers de Chris Isaak, l'icône au look d'Elvis qui a sublimé la solitude des grands espaces américains. Entre rockabilly mélancolique et cinéma culte chez David Lynch, plongez dans le mystère d'un artiste hors du temps au charme magnétique.

Ah vous aimez cette chanson, hein, ça vous rappelle un film, Sailor et Lula, et si pas, vous y êtes instantanément, dans l’Amérique profonde, celle de la Route 66 et des grands espaces. C’est vrai, hein, on la voit, la grosse cylindrée décapotable et la route rectiligne, les restoroutes plantés au milieu de nulle part, écrasés par une chaleur sèche, avec trois pelés et deux tondus attablés à l’intérieur. Ça fout un spleen pas possible mais c’est beau.

Comme la musique de Chris Isaak. Ah c’est vrai qu’il est beau ! Avec sa belle gueule bien coiffée style années 50 et ses pochettes qui font autant penser à Elvis Presley qu’à James Dean, il incarne une certaine Amérique, en total décalage avec les années 80 au milieu desquelles il débarque dans nos vies. Et qui lui vaut à la fin de la décennie d’être élu parmi les gars les plus sexys au monde.

Chris Isaak, c’est le musicien qui tombe au mauvais moment. En pleine époque synthés et batteries électroniques, lui, il débarque avec des chansons qui sentent les motels perdus, les néons, les Cadillac qui ont trop roulé et les amours qui tournent mal au milieu de la nuit. Ça doit être ça qui a tant plus à un David Lynch qui vient de fasciner le monde avec son film Blue Velvet.

La musique de Chris Isaak, c’est du rock avec une pincée de country, de surf, et de rockabilly ralenti façon Roy Orbison. Alors pourquoi il a tant marché à la fin des années 80 et dans les années 90 : probablement à cause de l’immense solitude élégante qu’il dégage. On dirait qu’il a tiré toute son inspiration dans le Heartbreak Hotel d’Elvis Presley, et qu’il s’est arrêté là, avec sa guitare, sur un parking vide.

Et puis il y a sa voix, qui passe du murmure au grand vertige romantique dans la même phrase. Une voix de cinéma. Exactement. Une voix qui éveille en nous l’image d’un type très bien sapé en train de se faire lourder sous un panneau “Vacancy”. Alors il remonte dans sa grosse V6 et disparaît vers l’horizon.

C’est vrai qu’on connaît tous plusieurs de ses chansons. Qu’elles soient restées collées à un bout de notre vie ou pas, la guitare qui s’accorde à sa voix lancinante a le goût d’une bande son, d’une compile Rockmantique, voilà sans doute pourquoi il était unique. Le plus fou est qu’à l’époque, on ne l’a pas étiqueté rétro, il s’est inscrit naturellement dans le paysage, le Chris Isaak.

Et plus fou encore, on n’a jamais vraiment su qui il était. On n’a pas creusé le sujet. Ce n’était ni Prince, ni Madonna, question vie privée/publique et marketing. Et même si la nouvelle génération le connaît plus à cause de la vidéo du baiser forcé devant les caméras de télé à Cameron Diaz, Chris Isaak reste aussi mystérieux que les personnages qu’il incarne dans ses chansons, et toutes ses associations au cinéma dans des films marquants comme True Romance, le chef d’oeuvre de Tony Scott, et bien sûr, les films de David Lynch.

A la suite...

La Story Nostalgie

Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.

La Story Nostalgie
Chris Isaak : L'élégance du spleen et le mystère du "Rockmantique" américain
00:00
00:00