La Story Nostalgie

Chrissie Hynde : la liberté avant la gloire

2 février 2026 | 3 min 12 sec

Serveuse dans un clip, punk dans l’âme, libre avant tout. Américaine perdue à Londres, Chrissie Hynde traverse l’underground sans rien posséder, sauf une voix et une conviction : la célébrité est une cage. Avec The Pretenders, le succès arrive… sans jamais la détourner d’elle-même.

Je n’aurais pas pu raconter tout ça du vivant de mes parents. Ainsi commencent les mémoires de la voix des Pretenders, Chrissie Hynde, une des plus grandes figures féminines du rock’n’roll, cette musique qui fait vibrer le monde depuis 70 ans.

Apparue dans un clip à la toute fin des années 70 en serveuse de coffee shop dans cette Angleterre qui s’apprêtait une nouvelle fois à devenir la vitrine du monde avec à présent, la New Wave, on la croyait logiquement Britannique. Chrissie était en fait Américaine, originaire de l’Ohio, elle vivait en Angleterre depuis six ans avec une longue parenthèse parisienne.

Comme Debbie Harry et Blondie, Chrissie est un pur produit du mouvement punk américain de la fin des années 60. Il suffit de citer les noms d’Iggy Pop et de Lou Reed, les deux plus célèbres icônes, pour qu’on comprenne à quel point le rock’n’roll était à l’époque un mode de vie destroy.

Et Chrissie Hynde en a été. Sauf que son parcours dans l’ombre a été très long, faisant d’elle un témoin rare et privilégié de cette époque où le punk s’est installé à Londres. Un mouvement que les British vont s’approprier pour le mettre à leur sauce, l’histoire se répétait dix ans après les Beatles et les Stones. C’est vrai, c’est tout juste si les gens savent que cette musique est née en Amérique tellement l’empreinte de groupes comme les Clash et les Sex Pistols a définitivement associé le mot punk à l’Angleterre à coups de God Save the Queen et de London Calling.

Pas étonnant donc que la voix de Chrissie Hynde ne soit pas sortie d’un squat de New York mais d’un studio londonien. A la Noël 1979, quand Brass in Pocket passe partout à la radio et à la télé en Europe et en Amérique, elle vit toujours sans le moindre penny. Une coloc à Covent Garden avec un matelas par terre, une guitare, quelques vêtements et un radio cassette, le truc le plus cher qu’elle ait possédé jusque-là. Et encore, un cadeau.

Ses colocataires et elle ont reçu un avis d’expulsion, les cartons seront vite faits. Dans quinze jours, ce titre dont Chrissie était la seule du groupe à ne pas vouloir le sortir tel quel, sera N°1 mais rien ne changera. Elle ne s’écoutera pas à la radio, ne se regardera pas à la télé et ne jettera jamais un œil sur le montant de son compte en banque. La célébrité, ce n’est pas pour elle, c’est une cage dorée. Elle, la rockeuse, veut être libre de sortir, prendre le métro, faire la fête avec qui elle veut, quand elle le veut, sans être désignée du doigt le lendemain en découvrant une photo ou un article désobligeant dans la presse. Maman, Papa, je suis désolée d’avoir menti sur ce que j’ai fait durant tout ce temps où j’ai été partie. Je sais que vous étiez fiers de moi. Je regrette la moitié de mon histoire, la seconde, c’est la musique que vous avez entendue …

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Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.

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